La protéine spike, en pointe parmi les biomarqueurs du Covid long

Le diagnostic et la prise en charge des séquelles post-aiguës de la Covid-19 (SPAC), ou Covid long, posent un défi médical. En effet, alors que les symptômes d’une infection par le SARS-CoV-2 sont généralement résolutifs en quelques semaines, des manifestations cliniques (fatigue, anosmie, perte de mémoire, troubles gastro-intestinaux, céphalées, dyspnée) peuvent persister.

Les estimations de la prévalence du SPAC varient, mais l’Organisation mondiale de la santé estime à environ 1/4 les sujets atteints de Covid-19 qui continuent de présenter des symptômes 4 à 5 semaines après un test positif et à environ 1/10 après 12 semaines.

L’étiologie sous-jacente du SPAC est mal connue. Les études sont peu comparables en particulier du fait de l’hétérogénéité du recrutement des patients et de la variabilité de la définition du SPAC.

L’identification de biomarqueurs associés au Covid long améliorerait considérablement la classification des phénotypes des SPAC et fournirait les moyens d’évaluer les stratégies thérapeutiques.

Des niveaux d’antigène spike élevés pendant plusieurs mois

Cette étude, disponible en preprint, a quantifié les antigènes viraux circulants et les marqueurs inflammatoires sur des échantillons de plasma de 63 patients précédemment infectés par le SARS-CoV-2. Ont été inclus dans le groupe SPAC 37 sujets signalant au moins un symptôme persistant plus de 30 jours après l’infection. La plupart d’entre eux (n= 31), ont été prélevés au moins deux fois, jusqu’à 12 mois après le premier test positif. Du sérum de personnes atteintes de Covid-19 sans SPAC, a également été analysé, jusqu’à cinq mois après le diagnostic.

Les concentrations plasmatiques des antigènes SARS-CoV-2 (sous-unité S1, protéine de pointe spike complète et nucléocapside (N)), ont été mesurées. Chez 65 % des patients SPAC, S1, spike ou N ont été détectées à un moment lors du suivi. La protéine spike était la plus fréquemment retrouvée, chez 60 % des SPAC, alors qu’aucun pic n’était retrouvé chez les patients Covid-19.

Parmi les patients SPAC pour lesquels des échantillons longitudinaux étaient disponibles, un antigène persistait chez 12 patients, avec, chez certains, des niveaux d’antigène spike élevés pendant plusieurs mois. Dans d’autres cas, des fluctuations de détection de l’antigène pointent l’importance du moment de l’échantillonnage.

Les concentrations plasmatiques d’un panel de cytokines n’ont pas apporté de résultat significatif.

Possibilité d’un réservoir actif de SARS-CoV-2 dans les Covids longs

Même si l’effectif de cet échantillon est limité, la détection d’un pic d’antigène viral à différents moments, 2 à 12 mois après l’infection, est intéressante. La présence de pics circulants de spike soutient l’hypothèse d’un réservoir viral actif du SARS-CoV-2 persistant dans l’organisme.

Le SPAC est un syndrome hétérogène, qui pourrait dépendre du tissu dans lequel persiste ce réservoir viral.

Le pic de protéine spike pourrait également occasionner des symptômes par un effet similaire aux superantigènes bactériens via des mécanismes interférant avec la fonction cellulaire normale.

De futures études seront nécessaires pour répondre à certaines questions sans réponse : détection préférentielle de spike mais peu de N, absence d’élévation des cytokines dans cette cohorte…

En conclusion, la présence de pic circulant de protéine spike chez les patients SPAC jusqu’à 12 mois après le diagnostic suggère fortement la persistance de réservoirs viraux du SARS-CoV-2 dans l’organisme.

La détection d’un pic chez une majorité d’individus inclus dans cette petite cohorte SPAC souligne l’utilité potentielle de la protéine de pointe complète du SARS-CoV-2 en tant que biomarqueur du Covid long.

Dr Isabelle Méresse

RÉFÉRENCE

Swank Z, Senussi Y, Alter G, et coll. : Persistent circulating SARS-CoV-2 spike is associated with post-acute COVID-19 sequelae. medRxiv 2022.06.14.22276401, DOI: https://doi.org/10.1101/2022.06.14.22276401https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2022.06.14.22276401v1

Covid-19, thyroïde et hypophyse… la réalité des faits !

Doi : 10.1016/j.ando.2021.12.004
Aurore Geslot a , Philippe Chanson b, Philippe Caron a

a Service d’endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition, pôle cardio-vasculaire et métabolique, CHU Larrey, 24, chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse cedex, France
b Université Paris-Saclay, Inserm, physiologie et physiopathologie endocriniennes, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, hôpital Bicêtre, service d’endocrinologie et des maladies de la reproduction, centre de référence des maladies rares de l’hypophyse HYPO, Le Kremlin-Bicêtre, France

Résumé

Les atteintes thyroïdiennes et hypophysaires liées au coronavirus SARS-CoV-2, responsable de l’épidémie de COVID-19, tiennent principalement à une infection directe de la glande endocrine par le virus et à des lésions cellulaires induites par la réponse immunitaire. Sur le plan thyroïdien, les deux complications les plus fréquentes du COVID-19 sont le syndrome de basse T3 ou « Non-Thyroidal Illness Syndrome (NTIS) » et des thyroïdites. Selon les études, un patient sur six à un patient sur deux hospitalisé pour un épisode de COVID-19 a une TSH basse, le NTIS et la thyroïdite étant parfois associés chez un même patient. Dans le NTIS, la diminution de la concentration de T3L est corrélée à la sévérité de l’infection et au mauvais pronostic. Une évaluation de la fonction thyroïdienne des patients à distance de l’épisode de COVID-19 montre une normalisation. Les thyroïdites associées au COVID-19 se divisent en deux groupes, dont la physiopathologie est probablement différente. D’une part, des thyroïdites destructrices, survenant précocement au cours de l’infection par le SARS-CoV-2, en général chez des hommes avec une forme sévère de COVID-19 ; elles sont souvent asymptomatiques, associées à une lymphopénie. D’autre part, des thyroïdites subaiguës, survenant en moyenne un mois après l’épisode de COVID-19, en général chez des femmes, symptomatiques sur le plan clinique, associées à une hyperleucocytose modérée. À distance de l’infection, un quart à un tiers des patients sont en hypothyroïdie selon les études. Une étude italienne a montré qu’une TSH basse était associée à des hospitalisations plus longues et à un plus grand risque de mortalité chez les patients hospitalisés pour un épisode de COVID-19. Sur le plan hypophysaire, les atteintes au cours d’une infection par le SARS-CoV-2 sont bien plus rares et le lien de cause à effet plus difficile à établir. Quelques cas d’apoplexie hypophysaire et de diabète insipide survenant au cours d’un épisode de COVID-19 ont été rapportés. Une hyponatrémie est présente chez 20 à 50 % des patients hospitalisés pour un épisode de COVID-19. La prévalence du SIADH (syndrome de sécrétion inappropriée d’hormone anti-diurétique) parmi ces hyponatrémies est difficile à déterminer. Ces complications endocriniennes peuvent influencer le pronostic de l’infection par le SARS-CoV-2. Bien qu’elles nécessitent rarement un traitement spécifique, il est important que les endocrinologues les reconnaissent, pour assurer une prise en charge adaptée, en particulier à la phase aiguë.

Keywords : SARS-CoV-2, COVID-19, Thyroid, Pituitary, Low T3 syndrome, Thyroiditis, Graves’ disease, Pituitary apoplexy, Hypophysitis

Mots clés : SARS-CoV-2, COVID-19, Thyroïde, Hypophyse, Syndrome de basse T3, Thyroïdite, Maladie de Basedow, Apoplexie hypophysaire, Hypophysite

La myopathie comme cause de fatigue

La myopathie comme cause de fatigue dans les symptômes post-COVID-19 à long terme : Preuve de l’histopathologie des muscles squelettiques

Première publication:06 juin 2022

Résumé

Arrière plan

Parmi les symptômes post-COVID-19, la fatigue est signalée comme l’un des plus courants, même après une infection aiguë légère, et comme cause de la fatigue, une myopathie diagnostiquée par électromyographie a été proposée dans des rapports précédents. Cette étude visait à explorer les changements histopathologiques chez les patients souffrant de fatigue post-COVID-19 .

Méthodes

Seize patients (âge moyen : 46 ans) présentant des plaintes post-COVID-19 de fatigue, de myalgie ou de faiblesse persistant jusqu’à 14 mois ont été inclus. Chez tous les patients, une électromyographie quantitative et des biopsies musculaires analysées en microscopie optique et électronique ont été réalisées.

Résultats

Une faiblesse musculaire était présente chez 50%, une électromyographie myopathique chez 75% alors que chez tous les patients, il y avait des modifications histologiques. Une atrophie des fibres musculaires a été trouvée chez 38 % des patients et 56 % ont montré des signes de régénération des fibres. Des modifications mitochondriales, comprenant une perte d’activité COX, une accumulation sous-sarcolemmale et/ou des crêtes anormales, étaient présentes dans 62 % des cas. L’inflammation a été trouvée dans 62 % des cas, sous forme d’expression des lymphocytes T et/ou des fibres musculaires HLA-ABC. Dans 75 % des cas, les capillaires étaient touchés impliquant la lame basale et les cellules. Chez deux patients, des quantités inhabituelles de lame basale ont été trouvées, non seulement autour des fibres musculaires, mais aussi autour des nerfs et des capillaires.

conclusion

La grande variété de changements histologiques dans cette étude suggère que les muscles squelettiques pourraient être une cible majeure du SRAS-CoV-2 provoquant des symptômes musculaires post-COVID-19. Les changements mitochondriaux, l’inflammation et les lésions capillaires dans les biopsies musculaires peuvent causer de la fatigue en partie en raison d’un apport énergétique réduit. Étant donné que la plupart des patients souffraient d’une affection aiguë légère à modérée, les nouvelles variantes susceptibles de provoquer une maladie aiguë moins grave pourraient encore avoir la capacité de provoquer une myopathie à long terme.

Long COVID – conseils aux employeurs et aux employés (suite)

Si le long COVID est traité comme un handicap

Selon la loi, un handicap est une déficience physique ou mentale qui a un « effet négatif important et à long terme » sur la capacité d’une personne à effectuer des activités quotidiennes normales.

« Long terme » signifie soit :

  • cela les affectera ou est susceptible de les affecter pendant au moins un an
  • il est susceptible de durer pour le reste de leur vie

«Effet négatif substantiel» signifie plus qu’un simple impact mineur sur la vie d’une personne ou sur la façon dont elle peut faire certaines choses. Cela peut fluctuer ou changer et peut ne pas se produire tout le temps.

Long COVID est encore une nouvelle maladie et il faudra peut-être du temps pour bien la comprendre. Il peut affecter les activités quotidiennes d’une personne et il est actuellement entendu qu’il peut durer ou aller et venir pendant plusieurs mois, voire des années. Les effets d’un long COVID pourraient également entraîner d’autres déficiences.

Les employeurs devraient se concentrer sur les ajustements raisonnables qu’ils peuvent faire plutôt que d’essayer de déterminer si l’état d’un employé est un handicap.

Éviter la discrimination

En plus du handicap, les employeurs doivent veiller à éviter d’autres types de discrimination lorsqu’ils envisagent un long COVID.

Long COVID s’est avéré affecter plus gravement:

  • les personnes plus âgées
  • minorités ethniques
  • femmes

Les employeurs doivent éviter toute discrimination fondée sur l’âge, le handicap, la race ou le sexe.

Long COVID – conseils aux employeurs et aux employés

Maladie et absence à cause du long COVID

Pour certaines personnes, le coronavirus (COVID-19) peut provoquer des symptômes qui durent longtemps après l’infection. C’est ce qu’on appelle le «syndrome post-COVID-19» ou «long COVID».

Les gens peuvent ressentir les effets d’un long COVID pendant des semaines, des mois et même des années.

Les symptômes peuvent :

  • aller et venir au fil du temps
  • s’améliorent parfois et s’aggravent parfois

Cela signifie que cela peut affecter la capacité de quelqu’un à travailler ou l’amener à prendre des congés de maladie.

Les règles habituelles d’ absence pour maladie et d’ indemnité de maladie s’appliquent lorsqu’une personne est en arrêt de travail en raison d’un long COVID.

Ce que l’employeur doit faire

Les employeurs doivent être conscients que les effets d’un long COVID peuvent aller et venir. Certains jours, la personne peut sembler aller bien, mais d’autres jours, ses symptômes peuvent s’aggraver et elle peut avoir besoin de s’absenter du travail à nouveau.

Si une personne est en congé de maladie, elle peut se sentir isolée ou avoir besoin d’aide pour retourner au travail. Les employeurs devraient :

  • convenir comment et quand prendre contact en cas d’absence
  • assurez-vous que leur travail est couvert et partagé de manière appropriée pendant leur absence
  • discuter des moyens de les soutenir lorsqu’ils retournent au travail où et quand cela est possible

Lorsque l’employé se sent capable de retourner au travail

L’employeur doit discuter avec l’employé de tout soutien dont il pourrait avoir besoin. Ils pourraient discuter :

  • obtenir une évaluation de la santé au travail
  • apporter des modifications au lieu de travail ou à la façon dont l’employé travaille, comme des horaires de travail différents
  • un retour progressif au travail
  • ce qu’ils veulent dire aux autres au travail au sujet de leur maladie

En savoir plus sur le retour au travail après une absence

Exemple de changement pour soutenir un employé

Certains jours, Bo souffre de fatigue intense et de courbatures depuis qu’il a le COVID-19. Leur médecin a diagnostiqué un long COVID. Bo est prêt à reprendre le travail mais craint que travailler à temps plein ne soit difficile.

L’employeur de Bo examine la charge de travail et est en mesure d’attribuer une partie du travail à d’autres membres de l’équipe. Cela signifie qu’ils peuvent offrir à Bo des heures à temps partiel pour commencer leur retour au travail. Ils ont fixé une date pour revoir l’arrangement.

Si un employé a du mal à faire son travail

Si un employeur estime que l’employé n’est pas en mesure de faire son travail ou prend beaucoup de temps libre, il devrait voir s’il peut faire quelque chose pour l’aider. Par exemple, une autre évaluation de la santé au travail pour savoir si un soutien supplémentaire est nécessaire.

Ils doivent s’assurer qu’ils ont fait tout leur possible avant d’envisager une procédure de capacité . Si un employeur licencie un employé sans avoir d’abord mené une procédure disciplinaire ou de capacité complète et équitable, l’employé pourrait porter plainte pour licenciement abusif auprès d’un tribunal du travail.

Le défi de la main-d’œuvre du long COVID

Long COVID, un syndrome provoqué par le virus COVID-19 qui peut affecter presque tous les organes, le système nerveux, les fonctions cognitives et la santé mentale, pourrait entraver les moyens de subsistance et la productivité des travailleurs dans le monde, potentiellement pour les générations à venir. Les femmes en âge de travailler, en particulier les travailleuses peu rémunérées et de première ligne, sont touchées de manière disproportionnée. Pour renforcer la résilience et la reprise dans tous les secteurs, les entreprises doivent lutter contre les inégalités.

Quoi de neuf

Alors que les économies, les frontières et les lieux de travail rouvrent, le désir de revenir aux normes pré-COVID masque une réalité plus complexe. Pour beaucoup de ceux qui ont contracté le virus, il n’y aura pas de « post-pandémie » : de nombreuses études (notamment au Nigeria , en Égypte et en Chine ) montrent que les personnes qui ont contracté des cas légers ou asymptomatiques présentent des symptômes durables avec des implications importantes pour leur journée. -la vie quotidienne, y compris leur capacité à travailler.

La compréhension du syndrome connu sous le nom de Long COVID est naissante , avec des données biaisées en faveur des patients hospitalisés dans les pays occidentaux. Cependant, l’ampleur potentielle est alarmante : une étude américaine a révélé que près d’un quart (23 %) des personnes qui ont contracté le virus aux États-Unis en 2020 ont cherché un traitement médical pour de nouvelles conditions après leur rétablissement, dont les cinq plus courantes étaient la douleur, difficultés respiratoires, hyperlipidémie (taux élevé de graisse ou de cholestérol dans le sang), malaise et fatigue, et hypertension.

Dans une étude plus large couvrant 56 pays, près de la moitié (45%) des personnes qui avaient été malades pendant plus de 28 jours avec des cas suspects ou confirmés de COVID-19 ont signalé un horaire de travail réduit en raison de symptômes persistants, 22% ne travaillant pas plus de six mois après être tombé malade.

Bien que les personnes touchées soient de tous âges, des preuves provenant du monde entier ( Bangladesh , Royaume- Uni , États- Unis ) indiquent que les femmes en âge de travailler sont représentées de manière disproportionnée. Cela aggrave et exacerbe l’impact démesuré de COVID-19 sur les femmes, et en particulier les Noirs, les Autochtones et les Personnes de couleur (BIPOC) occupant des emplois à bas salaire, qui sont déjà confrontés à un écart croissant en matière d’emploi et d’égalité , une plus grande part de l’emploi des pertes et une charge de soins accrue. Ils étaient également plus susceptibles de contracter le virus en raison de niveaux d’exposition plus élevés, et ils étaient confrontés à des obstacles à l’accès au traitement et à un taux de mortalité plus élevé .

Ces obstacles sont amplifiés dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI), avec beaucoup moins de recherches sur le Long COVID en cours. De plus, moins de ressources sont disponibles pour la protection, les diagnostics et les vaccins, ce qui accroît la fracture mondiale dans la gestion de la pandémie et de ses retombées.

Le Dr Zolelwa Sifumba, qui travaillait auparavant dans un hôpital de la région rurale du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, partage son expérience de retour au travail tout en faisant face à Long COVID : « On s’attend à ce que vous y retourniez immédiatement, pour fonctionner à votre maximum . Certains jours, vous pouvez simplement continuer. D’autres, la mémoire et la pensée trouble sont un énorme problème, ce qui rend très difficile de travailler et de se faire confiance tout en travaillant. Mon anxiété a explosé. J’ai eu du mal à prendre des décisions cliniques – quand commencer une perfusion, quand commencer la RCR, quel médicament, quelle dose… c’était plutôt un pari ! Les applications sur mon téléphone m’ont aidé à garder une trace. Il serait préférable d’avoir un [médecin] senior sur place pour travailler avec vous, mais étant donné les pressions de la main-d’œuvre, vous êtes souvent seul.

La Banque mondiale estime que le COVID-19 aura poussé environ 120 millions de personnes dans l’extrême pauvreté d’ici la fin de 2021, sans tenir compte de l’impact du long COVID. Ces dernières années ont montré à quel point les écarts d’égalité se creusent, les stéréotypes polarisants et les troubles sociaux sont étroitement liés. Les entreprises et les gouvernements ne peuvent pas se permettre d’attendre qu’une compréhension plus complète de Long COVID émerge. Une action rapide pour protéger, soutenir et autonomiser les personnes touchées par le syndrome fera la différence entre une main-d’œuvre et une société résilientes et une société continuellement malade.

Apprendre à travailler avec le Covid long

Mercredi 24 novembre 2021

par Claire Chaudière

4 minutes

Rahel Mylène Damamme se bat pour plus de sensibilisation auprès des entreprises sur les difficultés rencontrées par les malades atteints de Covid long.
Rahel Mylène Damamme se bat pour plus de sensibilisation auprès des entreprises sur les difficultés rencontrées par les malades atteints de Covid long. © Radio France / Claire Chaudière

Alors que les députés s’apprêtent à s’emparer du sujet du Covid long vendredi, à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi, France Inter se penche sur le retour au travail des malades souffrant de symptômes persistants du Covid. Un sujet encore sous les radars de nombreux employeurs et DRH. Et pour cause :  beaucoup de salariés touchés par ces formes longues du Covid sont encore en arrêt. Mais ils sont malgré tout de plus en plus à reprendre le chemin du boulot.

Symptômes fluctuants, différents d’une semaine à l’autre

Les yeux rivés sur son ordinateur, devant un tableau Excel… C’est sur son lieu de travail, à Lille, que Rahel Damamme, la quarantaine, diagnostiquée Covid long par les médecins, après un long parcours de soin, nous accueille. Sa tâche du moment : compiler des lignes et des lignes de chiffres, pour élaborer son rapport annuel. « C’est faisable, même avec un Covid long, à condition d’être extrêmement organisée et de ne rien laisser au hasard. Car vous ne savez jamais à quoi va ressembler votre journée ! » Il y a effectivement les hauts et les bas, avec des symptômes différents et fluctuants, raconte cette cadre chez Décathlon. « J’ai une équipe, décrit-elle, qui m’a vu arriver avec une péricardite, puis la semaine suivante des problèmes aux yeux, des douleurs à la cage thoracique, des problèmes cognitifs… Mais j’ai eu autour de moi beaucoup de bienveillance. »

Il y a deux semaines, je n’aurais pas pu vous parler. J’ai fait une énorme rechute. Je suis venue pour une réunion et mes larmes coulaient. C’est une forme de maladie invisible, mais là mes collègues ont vu à quel point je pouvais souffrir.

Dans le cadre de son plan pour l'inclusion des personnes atteintes de maladies chroniques, Décathlon a décidé d'intégrer le cas des Covids longs.
Dans le cadre de son plan pour l’inclusion des personnes atteintes de maladies chroniques, Décathlon a décidé d’intégrer le cas des Covids longs. © Radio France / Claire Chaudière

Pauses et plannings adaptés

Un arrêt, suivi de beaucoup de télétravail, une organisation sur mesure… Le tout sous le regard d’une hierarchie très compréhensive… « Voilà comment j’ai passé ces 20 derniers mois« , sourit Rahel. « Mais c’est loin d’être le cas pour tout le monde« , s’inquiète celle qui a parallèlement co-fondé l’association Après J20 de malades atteints de symptômes persistants du Covid : « Il y a un décrochage pour beaucoup. On reçoit des appels à l’aide, des messages de détresse. Certaines personnes enchaînent les arrêts maladie, ne voient pas leur CDD renouvelé, ont de gros problèmes financiers. Je mesure à quel point j’ai de la chance. Mon travail m’aide aussi d’une certaine manière à guérir et à trouver des solutions. »

Un accompagnement que Décathlon dit vouloir généraliser : traiter les Covids longs comme les autres maladies chroniques en entreprise. Une charte a été signée il y a un mois, des formations lancée et consignes données pour permettre des pauses et des horaires aménagés. Franck Martinez est en charge de la qualité de vie au travail chez Décathlon : « Rien que sur le magasin de Bayonne, auquel je suis rattaché, trois personnes se sont signalées, parce qu’on a commencé à libérer la parole. Ce sont souvent des personnes en bonne santé, sportives, et qui ne comprennent pas ce qui leur arrive, qui ont dû mal à exprimer leur difficultés. Les entreprises doivent se saisir de ce sujet. » Un sujet auquel il a été sensibilisé par son fils, lui même atteint de Covid long.

Une démarche d’entreprise encore rare

A quelques centaines de kilomètres, Emmanuel Cadic Gauthier médecin du travail en Bretagne suit de son côté une quinzaine de salariés atteints de Covid longs. Elle se mobilise aujoud’hui, inquiète. Selon elle, certaines entreprises réagissent très positivement, notamment dans le secteur de la santé, où de nombreux salariés ont été malades, mais d’autres sont au contraire dans la méfiance.

Il faut alerter, sensibiliser… Les employeurs manquent d’information. Les formes de la maladie, avec beaucoup de variations, peuvent semer le troubler, générer des doutes, de la suspiscion. Mais il faut laisser le temps aux personnes de se remettre ! C’est un long chemin…

Emmanuelle Cadic Gautier, médecin du travail à Rennes, alerte sur la nécessité d'accompagner les salariés atteints de Covid long dans leur reprise du travail.
Emmanuelle Cadic Gautier, médecin du travail à Rennes, alerte sur la nécessité d’accompagner les salariés atteints de Covid long dans leur reprise du travail. © Radio France / Claire Chaudière

Risque émergent pour le monde économique ?

Et si certains abus existent, les médecins savent maintenant poser un diagnostic de Covid long. « Il existe des unités spécialisées. Il faut faire confiance aux médecins et aux médecins du travail, qui vont accompagner ces salariés. Une étape cruciale », dit-elle.

Car, avec entre entre 500 000 et plus 1 million de salariés potentiellement touchés par différentes formes de Covid longs, il y a bien ce qu’on appelle un « risque émergent », nous explique Cécile Oger du réseau d’étude et de prospective BSR, Business For Social Responsabilities. Elle a publié une note sur le sujet. Sujet humain mais aussi de productivité : « Cela touche toutes les strates de l’entreprises. Si une partie de votre masse salariale, si votre directrice innovation, si un PDG souffre de Covid long, cela peut être très impactant. C’est un risque, qui va monter… Mais aussi une opportunité pour les entreprises de se questionner et d’avancer dans le domaine de l’inclusion. »

Au sein de BSR, Cécile Oger a participé à la rédaction d'une note de prospective sur le "risque émergent" du Covid long pour les multinationales.
Au sein de BSR, Cécile Oger a participé à la rédaction d’une note de prospective sur le « risque émergent » du Covid long pour les multinationales. © Radio France / Claire Chaudière

Pour sensibiliser le monde du travail, les associations de malades du Covid long appellent à un grand plan d’action. Essentiel préviennent-elles, pour éviter une véritable vague de désinsertion professionnelle.

problèmes de mémoire et de concentration

Les problèmes de mémoire et de concentration sont courants dans les longs COVID et
ne doivent pas être ignorés, selon les scientifiques

Par Jacqueline Garget


17 mars, 2022

Crédit : filadendron sur Getty

Selon une nouvelle recherche de l’Université de Cambridge, sept patients sur dix atteints de COVID de longue durée éprouvent des problèmes de concentration et de mémoire plusieurs mois après le début de leur maladie, et nombre d’entre eux obtiennent de moins bons résultats que leurs pairs aux tests cognitifs.

La moitié des patients de l’étude ont signalé des difficultés à amener les professionnels de la santé à prendre leurs symptômes au sérieux, peut-être parce que les symptômes cognitifs ne reçoivent pas la même attention que les problèmes pulmonaires ou la fatigue.

Dans une étude portant sur 181 patients atteints de COVID depuis longtemps, 78 % ont signalé des difficultés de concentration, 69 % ont signalé un brouillard cérébral, 68 % ont signalé des oublis et 60 % ont signalé des problèmes pour trouver le bon mot dans la parole. Ces symptômes autodéclarés se traduisaient par une capacité significativement plus faible à se souvenir des mots et des images dans les tests cognitifs.

Les participants ont effectué plusieurs tâches pour évaluer leur prise de décision et leur mémoire. Celles-ci comprenaient la mémorisation de mots dans une liste et la mémorisation des deux images apparues ensemble. Les résultats ont révélé un schéma cohérent de problèmes de mémoire persistants chez ceux qui avaient subi une infection au COVID-19. Les problèmes étaient plus prononcés chez les personnes dont les symptômes persistants étaient plus graves.

L’étude a trouvé:

  • environ 70% des patients COVID de longue durée de l’étude ont éprouvé des difficultés de concentration et des problèmes de mémoire plusieurs mois après l’infection par le virus SARS-CoV-2 ;
  • les personnes souffrant de COVID depuis longtemps ont obtenu de moins bons résultats aux tests cognitifs ;
  • la gravité de ces symptômes était liée au niveau de fatigue et aux symptômes neurologiques, comme les étourdissements et les maux de tête, ressentis au cours de la maladie COVID-19 initiale ;
  • la moitié des patients de l’étude ont signalé des difficultés à amener les professionnels de la santé à prendre leurs symptômes au sérieux;
  • 75% des participants à l’étude présentant de graves symptômes persistants de COVID longs ont signalé de longues périodes d’incapacité de travail.

Pour aider à comprendre la cause des problèmes cognitifs, les chercheurs ont étudié d’autres symptômes qui pourraient être liés. Ils ont découvert que les personnes qui éprouvaient de la fatigue et des symptômes neurologiques, comme des étourdissements et des maux de tête, au cours de leur maladie initiale étaient plus susceptibles d’avoir des symptômes cognitifs plus tard. Ils ont également constaté que ceux qui présentaient encore des symptômes neurologiques étaient particulièrement affaiblis lors des tests cognitifs.

Les résultats sont particulièrement préoccupants compte tenu de la prévalence du long COVID en pourcentage de la main-d’œuvre : l’Office for National Statistics estime que 10 à 25 % des personnes atteintes de COVID-19 continuent d’avoir un certain degré de maladie chronique.

« C’est une preuve importante que lorsque les gens disent avoir des difficultés cognitives après la COVID, celles-ci ne sont pas nécessairement le résultat d’anxiété ou de dépression. Les effets sont mesurables – il se passe quelque chose d’inquiétant », a déclaré le Dr Muzaffer Kaser , chercheur au département de psychiatrie de l’Université de Cambridge et psychiatre consultant au Cambridgeshire and Peterborough NHS Foundation Trust, qui a participé à l’étude. Il ajouta:

« Les problèmes de mémoire peuvent affecter de manière significative la vie quotidienne des gens, y compris la capacité de faire leur travail correctement. »

Les chercheurs affirment que leurs résultats corroborent d’autres conclusions qui suggèrent que la société sera confrontée à une «longue traîne» de maladies professionnelles en raison d’un long COVID. Il est donc important non seulement pour le bien des individus, mais pour la société au sens large, de pouvoir prévenir, prédire, identifier et traiter les problèmes associés à la longue COVID.

«Long COVID a reçu très peu d’attention politiquement ou médicalement. Il est urgent de la prendre plus au sérieux, et les problèmes cognitifs en sont une partie importante. Lorsque les politiciens parlent de « vivre avec le COVID » – c’est-à-dire d’une infection non atténuée, c’est quelque chose qu’ils ignorent. L’impact sur la population active pourrait être énorme », a déclaré le Dr Lucy Cheke , chercheuse au département de psychologie de l’Université de Cambridge et auteur principal de l’article.

Les résultats, publiés aujourd’hui dans deux articles de la revue Frontiers in Aging Neuroscience, font partie des premiers résultats d’une étude en ligne – appelée « COVID and Cognition » – surveillant les symptômes de 181 longs patients COVID sur 18 mois. La majorité a souffert du COVID-19 au moins six mois avant le début de l’étude. Très peu de personnes avaient été suffisamment malades du COVID-19 pour être hospitalisées. 185 autres personnes qui n’ont pas eu de COVID-19 sont impliquées dans l’étude à titre de comparaison. Chek a dit :

« Les gens pensent qu’un long COVID est » juste « de la fatigue ou une toux, mais les problèmes cognitifs sont le deuxième symptôme le plus courant – et nos données suggèrent que c’est parce qu’il y a un impact significatif sur la capacité de mémorisation. »

« L’infection par le virus qui cause le COVID-19 peut entraîner une inflammation dans le corps, et cette inflammation peut affecter le comportement et les performances cognitives d’une manière que nous ne comprenons pas encore complètement, mais nous pensons qu’elle est liée à une réponse immunitaire excessive précoce », dit Kaser.

Les participants à l’étude ont été recrutés entre octobre 2020 et mars 2021, lorsque la variante Alpha et la forme originale du SRAS-CoV-2 circulaient dans la population. Les participants continueront d’être surveillés, en utilisant à la fois des rapports de symptômes et des tests cognitifs objectifs, pour voir combien de temps leurs symptômes persistent.

L’étude ne dispose actuellement d’aucune donnée sur le long COVID associé aux variantes Delta ou Omicron du coronavirus, bien qu’une nouvelle cohorte soit actuellement recrutée pour tester cela. Les chercheurs affirment que des recherches supplémentaires sont également nécessaires pour comprendre les effets complexes du COVID sur le cerveau, la cognition et la santé mentale.

Les directives du National Institute for Health and Care Excellence (NICE) décrivent le syndrome post-COVID-19 comme « des signes ou des symptômes qui se développent pendant ou après une infection compatible avec le COVID-19, persistent pendant plus de 12 semaines et ne sont pas expliqués par un autre diagnostic ». .’

L’étude a révélé que même parmi les personnes non admises à l’hôpital, les personnes qui présentaient des symptômes initiaux plus graves de COVID-19 étaient plus susceptibles d’avoir une variété de symptômes persistants (y compris des nausées, des douleurs abdominales, une oppression thoracique et des problèmes respiratoires) des semaines ou des mois plus tard, et ces symptômes étaient susceptibles d’être plus graves que chez les personnes dont la maladie initiale était bénigne. Il a également constaté que les personnes de plus de 30 ans étaient plus susceptibles d’avoir des symptômes persistants graves que les personnes plus jeunes.

«Il est important que les gens demandent de l’aide s’ils craignent des symptômes persistants après une infection au COVID. Le COVID peut affecter plusieurs systèmes et une évaluation plus approfondie est disponible dans de longues cliniques COVID à travers le Royaume-Uni, suite à une recommandation d’un médecin généraliste », a déclaré Kaser.

60 Millions de consommateurs sonde les applis d’entraînement cérébral

Dans son numéro hors-série daté d’avril-mai, le magazine 60 Millions de consommateurs a sélectionné quatre applications mobiles proposant des programmes d’exercices cérébraux élaborés en collaboration avec des scientifiques.

Le magazine rappelle que des universitaires américains ont mis en avant un « effet placebo » des applications d’entraînement cérébral en matière d’amélioration des performances intellectuelles, mais que cet effet reste encore « peu étudié ».

Dans l’attente d’applications « scientifiquement certifiées », il conseille quatre outils mobiles qui disposent d’une « caution scientifique ».

Il s’agit de Cognifit, proposée par une entreprise fondée par Shlomo Breznitz, professeur de psychologie cognitive, Peak, dont l’un des jeux de mémoire a été conçu en collaboration avec les universités de Yale (Connecticut) et de Cambridge (Royaume-Uni), et de Neuronation et Elevate – Brain Training, dont les éditeurs affichent aussi des partenariats avec plusieurs universités. Toutes ces applications sont payantes, parfois après une période de test gratuite, avec des abonnements compris entre 3 et 20 euros par mois.

Le magazine consacre également dans ce numéro un article sur les bienfaits thérapeutiques de certains jeux vidéos et sur le développement de « jeux sérieux », ou serious game, pour répondre à un problème de santé. Il cite notamment l’exemple du recours à la réalité virtuelle au CHU de Toulouse pour rééduquer les personnes victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Raphael Moreaux
raphael.moreaux@apmnews.com

COVID long : le vécu des patients corroboré par l’imagerie cérébrale

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Ils pensaient être tirés d’affaire, s’en être sortis sans trop de dommages, ayant développé une forme modérée de la COVID-19 dont ils s’étaient apparemment remis. Mais des mois plus tard, certains se plaignent encore de syndromes douloureux, d’insomnies, de troubles de l’attention ou de la mémoire. D’autres rencontrent encore des problèmes d’essoufflement, tandis que bon nombre d’entre eux n’ont toujours pas retrouvé le goût et l’odorat.

 

Des symptômes qui, sur la durée, affectent considérablement leur quotidien et ont un retentissement dans tous les pans de leur existence. L’ensemble de ces plaintes oriente vers une implication cérébrale, mais les scanners ou IRM cérébraux effectués ne montrent aucune lésion. Afin de comprendre la persistance des symptômes chez ces personnes que l’on dit victimes de « Covid long », le Pr Éric GUEDJ et son équipe du service de Médecine Nucléaire de la Timone (Dr Serge CAMMILLERI, Dr Jacques-Yves CAMPION) procèdent à des examens d’imagerie fonctionnelle. Une cohorte de 35 patients a été évaluée par TEP métabolique dans le cadre d’une prise en charge globale associant l’IHU Méditerranée Infection (Dr Carole ELDIN).

 

Pr Éric GUEDJ« C’est un examen qui a tout son intérêt lorsqu’il existe une discordance entre la présence de troubles persistants et une normalité morphologique à l’imagerie. Ce que l’on mesure avec la tomographie par émission de positons, c’est la consommation de glucose au niveau cérébral, qui est un excellent marqueur du fonctionnement cérébral global », explique le Pr GUEDJ.

 

Les données relevées auprès des 35 patients atteints de COVID long ont été comparées à celles de 44 patients sains. Les résultats démontrent pour la première fois l’origine cérébrale de ces symptômes, avec la mise en évidence d’un hypo-métabolisme.

 

« Cela se traduit par une diminution de l’activité cérébrale, en particulier dans le bulbe olfactif et les régions qui lui sont connectées comme les régions limbiques, liées à la mémoire et à la régulation des émotions ; ainsi que le tronc cérébral qui contrôle les fonctionnements autonomes du corps, par exemple la respiration ou le sommeil. Enfin le cervelet, qui joue un rôle dans la motricité et l’équilibre. » (Pr GUEDJ)

 

Il s’agit d’une découverte majeure pour tous ces patients. Cela apporte une confirmation objective, manifeste, de leur ressenti : ils ne présentent pas à ce stade de lésions morphologiques séquellaires mais souffrent d’un hypo-fonctionnement cérébral. Ce profil d’hypo-métabolisme s’avère extrêmement efficace pour les repérer et les distinguer de sujets sains non exposés, avec 100% de bonnes classifications. En outre, les résultats sont corrélés aux symptômes : plus ceux-ci sont marqués, plus le profil TEP métabolique est sévère.

 

« Corroborer l’expérience, le vécu des patients par des examens rigoureux et fiables, c’est montrer que le Covid long correspond bien à une réalité cérébrale. Ces résultats justifient une prise en charge globale, et que l’on poursuive les travaux de recherche. Des filières s’organisent à l’AP-HM, en partenariat avec l’IHU, pour proposer un suivi et un parcours de soins adaptés. L’une des premières perspectives que l’on pourrait tirer de cette étude sur le plan thérapeutique, est que la sphère ORL constitue sans doute la voie d’entrée du processus pathologique, qu’il soit inflammatoire, infectieux ou simplement fonctionnel. Il semble de fait très important de traiter efficacement et sans doute précocement le syndrome infectieux et inflammatoire local au niveau de la sphère ORL. »