Covid long et Sport de haut niveau

Covid-19 et sport de haut niveau : peut-on prédire les formes longues ?

Un nombre croissant de publications s’interroge sur les modalités de reprise de la pratique sportive de haut niveau après infection par le SARS-CoV-2. Les enjeux concernent, certes, la préservation de la santé de ces athlètes, qui se sont longtemps entraînés pour parvenir au plus haut sommet. Mais il est également économique : ne pas priver une équipe plus de temps qu’il ne faut de l’un de ses éléments de valeur.

Plusieurs organisations sportives ont déjà rendu publiques des recommandations pour le retour au sport des pratiquants d’élite, mais il y a peu de données sur l’évolution et l’impact de cette maladie. Les études concernent souvent de petits effectifs de sportifs, présentant des symptômes bénins, d’une durée inférieure à une semaine et ne nécessitant aucune hospitalisation.

Deux questions se posent donc : quel impact la Covid-19 a-t-elle sur le retour à l’entraînement et à la compétition, et peut-on tenter de prédire les formes de Covid long ?

Pour y répondre, une étude rétrospective a été conduite chez l’ensemble des athlètes olympiques et paralympiques britanniques ayant été atteints de façon symptomatique par la Covid-19 entre février 2020 et janvier 2021.
Probabilité plus élevée de Covid long en cas de douleur thoracique
Sur environ 2 500 athlètes concernés, 147 ont été touchés par la Covid-19 (63 % d’hommes). La majeure partie se préparait pour les Jeux Olympiques. Les symptômes les plus fréquents étaient la fatigue (57 %), une toux sèche (50 %), des céphalées (46 %) et de la fièvre (40 %). Une dyspnée était présente dans 18 % des cas. Les signes digestifs étaient les moins fréquents, ne concernant que 2 % des athlètes. Plus d’un tiers (38 %) ont rapporté au moins 3 symptômes. Dans la majorité des cas (97 %), la Covid-19 était une forme légère et aucun sportif n’a été hospitalisé.

La durée médiane des symptômes a été de 10 jours, avec une différence entre hommes (9 jours) et femmes (12 jours). Les athlètes olympiques ou paralympiques ont été touchés de la même façon. Enfin, 14 % ont présenté des signes pendant plus de 28 jours, et 3 % plus de 90 jours. La médiane du temps perdu (entraînement, etc.) a été de 18 jours et 27 % n’étaient toujours pas pleinement opérationnels au bout de 28 jours.

Le seul signe associé avec une forte probabilité d’être atteint d’un Covid long était une douleur thoracique.

Selon les auteurs, on pourrait envisager d’accélérer le retour à une pleine participation sportive pour ceux qui présentent des symptômes surtout limités aux voies respiratoires supérieures. D’autres travaux, prospectifs, sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Dr Patrick Laure

RÉFÉRENCE
Hull JH, Wootten M et coll. : Clinical patterns, recovery time and prolonged impact of COVID-19 illness in international athletes: the UK experience. Br J Sports Med 2022; 56(1):4–11.

Air et Charge en Virus

Accumulation virus dans l’air

Les mesures ont été effectuées dans différents services du centre hospitalier d’Antibes dans les Alpes-Maritimes grâce à un procédé simple. Les résultats de l’étude permettent d’optimiser les comportements dans un espace clos.

Le coronavirus se transmet essentiellement par voie aérienne. Quand un malade tousse, éternue ou parle, il émet des gouttelettes de moins de 10 micromètres qui se mélangent à l’air ambiant pendant de nombreuses minutes voire des heures.

Le centre hospitalier d’Antibes décidé de mesurer la présence de ce coronavirus avec un appareil déjà sur site pour mesurer la contamination de l’air par bactéries ou par champignons.

Et cela a bien marché !

Une campagne de mesures a été menée, selon un procédé très simple, les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée journalofhospital le 18 septembre 2021.Cet appareil permet d'aspirer 500 litres d'air pendant une durée de 5 minutes.Cet appareil permet d’aspirer 500 litres d’air pendant une durée de 5 minutes. • © ERIC JACQUET / FTV

 500 litres d’air aspirés en 5 minutes

Un malade est diagnostiqué dans un service de l’hôpital ? Une réunion avec plus de 10 personnes ? Le couloir des urgences ? L’appareil, un biocollecteur peut être installé instantanément. En l’espace de 5 minutes, il filtre 500 litres d’air.

Des microparticules sont alors récupérées sur une boîte de Pétri, ces coupelles de laboratoire, contenant un support collant, une gélose.Cette gélose permet d'établir la présence de l’ARN du virus SARS-CoV-2 dans l’air après un test PCR.Cette gélose permet d’établir la présence de l’ARN du virus SARS-CoV-2 dans l’air après un test PCR. • © ERIC JACQUET / FTV

Ne reste plus qu’à pratiquer un écouvillonnage de la gélose, qui sera analysé comme un test PCR. On sait alors s’il y a dans l’air le coronavirus ou pas.

Les cibles

Selon la publication, l’appareil a été testé dans les chambres de tous les nouveaux patients atteints de Covid-19 et hospitalisés entre le 10 avril et le 6 mai 2021 au Centre Hospitalier d’Antibes dans les services de médecine.

Les prélèvements d’air ont été réalisés si possible dans les 48 heures après le premier test RT-PCR positif chez les patients. Dans chaque cas, l’appareil a été disposé à une distance de plus de 2 mètres du malade.

Les patients n’ont pas toussé et toutes les chambres disposaient d’une extraction d’air dans le bloc sanitaire.

Les enjeux

Le centre hospitalier d’Antibes est le premier à s’être lancé dans cette démarche et il espère faire école. L’enjeu est important. Car l’étude est riche d’enseignements. Le docteur Olivier Capeyron est pharmacien, et il est responsable du service hygiène au centre hospitalier. Voici ses conclusions : 

  • Tous les patients n’émettent pas de la même façon du coronavirus  SARS-CoV-2  de la même façon.
  • En fonction des locaux, on va se retrouver avec des résultats positifs et des résultats négatifs. Quand il y a des résultats positifs, on regarde si les locaux sont suffisamment aérés.

L’analyse de l’air permet par ailleurs une maîtrise du risque en période de relâchement.  

En particulier entre les vagues 4 et 5, cela a été très utile pour nous de faire ce pilotage pour détecter les frémissements de la vague d’après et de dire attention ! On y est, il faut grader nos mesures.Dr Véronique Blanc, Responsable du service laboratoire et du diagnostic Covid

Les conclusions de l’étude du centre hospitalier d’Antibes sont donc incitatives :

« Notre méthode peut être facilement utilisée par les équipes d’hygiène des établissements de santé, qui disposent souvent de biocollecteurs d’air en milieu gélosé. Elle pourrait permettre un pilotage du risque environnemental aérien lié au virus SARS-CoV-2. Une extension à d’autres structures d’hébergement collectif, collectivités, entreprises, écoles pourrait être envisagée, à titre pédagogique comme opérationnel ». 

Dans tous les cas, le docteur Olivier Capeyron rappelle l’enjeu de l’aération.

Conclusion de l’hôpital : 

La méthode devrait être utilisée par les équipes d’hygiène des établissements de santé, des collectivités, des structures d’hébergement collectifs qui disposent souvent de l’équipement nécessaire.

Voilà qui permettrait de récolter d’autres données. 

https://bilan-post-covid.com/index.php/2021/12/27/aspirine-et-covid19/

Aspirine et Covid19

aspirine et covid19

Conclusion

L’aspirine exerce des effets pluriels qui la positionnent comme un agent pharmacologique idéal pour traiter le COVID-19. Ces effets comprennent des propriétés anti-inflammatoires, antithrombotiques et antivirales qui sont médiées par deux voies clés : l’inhibition de la kinase IKK et l’inhibition de la COX. D’autres voies non canoniques telles que l’acétylation de l’oxyde nitrique synthase endothéliale (eNOS)NOS, la protection endothéliale et la régulation positive de l’hème oxygénase-1 qui sont impliquées dans la protection contre les radicaux oxygène peuvent également jouer un rôle dans la modulation des réponses inflammatoires et prothrombotiques observées dans COVID -19. La dose optimale d’aspirine pour traiter le COVID-19 dépend de manière critique de l’état de la maladie. Chez les patients hospitalisés pour COVID-19, L’aspirine à haute dose facilement disponible (325 mg/jour) en plus d’autres médicaments standard peut atténuer une inflammation élevée et un risque thrombotique. Les effets de l’aspirine peuvent être renforcés par l’administration d’aérosols au poumon qui est l’organe clé endommagé par COVID-19. La formulation inhalée avec des effets rapides peut être une stratégie efficace pendant le cours initial critique de la maladie, mais des études sont en cours avec ces formulations. Pour un traitement à long terme dans un scénario post-COVID-19, 325 mg par jour peuvent être utilisés pour prévenir les événements thrombotiques récurrents. D’autres études cliniques sont nécessaires pour étayer cette suggestion. Cependant, une faible dose (75 à 162 mg/jour) n’est pas optimale pour atténuer l’inflammation élevée et la fonction plaquettaire, comme cela a été démontré dans des études pharmacodynamiques récentes. Donc, l’aspirine à faible dose peut ne pas être associée à des avantages cliniques significatifs. Le risque hémorragique élevé associé à une dose plus élevée d’aspirine peut être une limitation majeure. COVID-19 est une maladie hypercoagulable avec un risque de saignement plus faible, les résultats nets peuvent favoriser l’atténuation du risque thrombotique. Dans le récent essai prospectif ROCOVERY, l’utilisation d’aspirine était associée à un risque hémorragique élevé. Il existe de nombreuses limites à cette étude discutées précédemment et les résultats de l’étude n’ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture. l’utilisation d’aspirine était associée à un risque hémorragique élevé. Il existe de nombreuses limites à cette étude discutées précédemment et les résultats de l’étude n’ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture. l’utilisation d’aspirine était associée à un risque hémorragique élevé. Il existe de nombreuses limites à cette étude discutées précédemment et les résultats de l’étude n’ont pas encore été publiés dans une revue à comité de lecture.

Étant un médicament largement disponible et peu coûteux avec de multiples avantages prouvés, l’aspirine peut être exploitée dans le monde, en particulier dans les communautés mal desservies et les régions reculées du monde, pour lutter contre la pandémie de COVID-19 en cours. De plus, en n’étant pas influencée par la mutagenèse virale dans ses mécanismes d’action uniques, l’aspirine tient la promesse d’être un puissant allié dans la lutte contre notre nouvel ennemi et les autres virus qui suivront certainement.

NATURE / Covid long (Nalbandian & col)

Histoire naturelle du Covid

Le COVID-19 aigu dure généralement jusqu'à 4 semaines à compter de l'apparition des symptômes, au-delà desquels le SRAS-CoV-2 apte à la réplication n'a pas été isolé. Le COVID-19 post-aigu est défini comme des symptômes persistants et / ou des complications retardées ou à long terme au-delà de 4 semaines à compter de l'apparition des symptômes. Les symptômes courants observés dans le COVID-19 post-aigu sont résumés.

Prise en charge

La collaboration multidisciplinaire est essentielle pour fournir des soins ambulatoires intégrés aux survivants du COVID-19 aigu dans les cliniques COVID-19. En fonction des ressources, une priorisation peut être envisagée pour les personnes à haut risque de COVID-19 post-aigu, défini comme ceux qui souffrent d'une maladie grave pendant le COVID-19 aigu et / ou ont besoin de soins dans une unité de soins intensifs, un âge avancé et la présence de comorbidités d'organes (maladie respiratoire préexistante, obésité, diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire chronique, maladie rénale chronique, post-greffe d'organe ou cancer actif). Le plan de prise en charge pulmonaire / cardiovasculaire a été adapté d'un document d'orientation destiné aux patients hospitalisés pour une pneumonie à COVID-19 76 . HRCT, tomodensitométrie haute résolution; PE, embolie pulmonaire.

Encadré 1 Résumé du COVID-19 post-aigu par système d’organe

Pulmonaire

  • La dyspnée, la diminution de la capacité d’exercice et l’hypoxie sont des symptômes et des signes généralement persistants

  • Une capacité de diffusion réduite, une physiologie pulmonaire restrictive, des opacités de verre dépoli et des changements fibreux à l’imagerie ont été notés lors du suivi des survivants du COVID-19

  • L’évaluation de la progression ou de la guérison de la maladie pulmonaire et de la fonction peut inclure l’oxymétrie de pouls à domicile, les 6MWT, les PFT, la tomodensitométrie à haute résolution du thorax et l’angiographie pulmonaire par tomodensitométrie, le cas échéant.

Hématologique

  • On a noté que les événements thromboemboliques étaient <5% dans le COVID-19 post-aigu dans les études rétrospectives

  • La durée de l’état hyperinflammatoire induit par l’infection par le SRAS-CoV-2 est inconnue

  • Des anticoagulants oraux directs et de l’héparine de bas poids moléculaire peuvent être envisagés pour une thromboprophylaxie prolongée après discussion risques-bénéfices chez les patients présentant des facteurs de risque prédisposant à l’immobilité, des taux de D- dimère constamment élevés (supérieurs à deux fois la limite supérieure de la normale) et d’autres comorbidités à risque telles que le cancer

Cardiovasculaire

  • Les symptômes persistants peuvent inclure des palpitations, une dyspnée et des douleurs thoraciques

  • Les séquelles à long terme peuvent inclure une augmentation de la demande cardiométabolique, une fibrose myocardique ou des cicatrices (détectables par IRM cardiaque), des arythmies, une tachycardie et un dysfonctionnement autonome

  • Les patients présentant des complications cardiovasculaires au cours d’une infection aiguë ou ceux présentant des symptômes cardiaques persistants peuvent être surveillés avec un suivi clinique, échocardiogramme et électrocardiogramme en série.

Neuropsychiatrique

  • Les anomalies persistantes peuvent inclure la fatigue, la myalgie, les maux de tête, la dysautonomie et les troubles cognitifs (brouillard cérébral)

  • L’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et le SSPT ont été signalés chez 30 à 40% des survivants du COVID-19, comme les survivants d’autres coronavirus pathogènes

  • La physiopathologie des complications neuropsychiatriques est mécanistiquement diversifiée et implique une dérégulation immunitaire, une inflammation, une thrombose microvasculaire, des effets iatrogènes des médicaments et des impacts psychosociaux de l’infection

Rénal

  • La résolution de l’AKI pendant le COVID-19 aigu se produit chez la majorité des patients; cependant, une réduction du DFGe a été rapportée à 6 mois de suivi

  • COVAN peut être le modèle prédominant de lésion rénale chez les personnes d’origine africaine

  • Les survivants du COVID-19 présentant une insuffisance rénale persistante peuvent bénéficier d’un suivi précoce et rapproché dans les cliniques des survivants d’AKI

Endocrine

  • Les séquelles endocriniennes peuvent inclure un contrôle nouveau ou aggravé du diabète sucré existant, une thyroïdite subaiguë et une déminéralisation osseuse

  • Les patients atteints de diabète nouvellement diagnostiqué en l’absence de facteurs de risque traditionnels de diabète de type 2, de suspicion de suppression de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien ou d’hyperthyroïdie doivent subir les tests de laboratoire appropriés et être orientés vers l’endocrinologie

Gastro-intestinal et hépatobiliaire

  • Une excrétion fécale virale prolongée peut se produire dans le COVID-19 même après un test négatif sur écouvillon nasopharyngé

  • Le COVID-19 a le potentiel de modifier le microbiome intestinal, y compris l’enrichissement d’organismes opportunistes et l’épuisement des commensaux bénéfiques

Dermatologique

  • La perte de cheveux est le symptôme prédominant et a été rapportée chez environ 20% des survivants du COVID-19

MIS-C

  • Critères diagnostiques: <21 ans avec fièvre, marqueurs inflammatoires élevés, dysfonctionnement de plusieurs organes, infection actuelle ou récente par le SRAS-CoV-2 et exclusion d’autres diagnostics plausibles

  • Affecte généralement les enfants de plus de 7 ans et de manière disproportionnée d’origine africaine, afro-caribéenne ou hispanique

  • Des complications cardiovasculaires (anévrisme de l’artère coronaire) et neurologiques (maux de tête, encéphalopathie, accident vasculaire cérébral et convulsions) peuvent survenir